Des arbres pour préserver les brochets et les libellules

Il fallait être équipé de bottes lundi après-midi pour planter la centaine de saules.

Article Sud-Ouest publié le 07/11/19 par Arnaud Dejeans

SAINT’MACAIRE

Des lycéens de Bazas ont planté des saules sur les berges de la Garonne cette semaine. Un acte majeur pour la biodiversité

Rendez-vous sous la pluie. Lundi après-midi, des élèves du lycée agricole de Bazas en première STAV (sciences et technologies de l’agronomie et du vivant) ont planté une centaine de boutures de saule pour fixer un banc de vase de la rive droite de la Garonne, en aval d’un bras mort, à Saint-Macaire. L’opération est pilotée par la Fédération de pêche, le Syndicat mixte d’études et d’aménagement de la Garonne (Smeag), des professeurs du lycée bazadais et un conseiller technique de l’association Arbres et paysages en Gironde.

Un feutre biodégradable est déroulé sur la boue. « Il n’y a plus qu’à faire des trous de 50 centimètres dedans avec une cuillère à vigne et de planter les saules (cendré, blanc, marsault). Cet arbre adore avoir les racines dans l’eau. Il va prendre facilement », prédit le conseiller technique Jérémy La- maison.

Les loutres sont heureuses

L’objectif de l’opération va bien au-delà de la fixation des berges sur cette ancienne île. C’est toute la biodiversité de ce bras de Garonne qui va bénéficier de cette intervention. « L’ombrage favorisé par les saules pourra également permettre l’implantation de l’angélique des estuaires, qu’on ne retrouve que sur la façade atlantique », localisent Mathieu Beaujard et Claire Boscus du Smeag. L’intervention de ce syndicat a été programmée dans le cadre d’un contrat Natura 2000.

Il y a quelques mois, la Fédération de pêche de Gironde avait identifié le site macarien et son fort potentiel de ffayère à brochet ‘ La mission aura d’autres conséquences vertueuses : l’amélioration de l’habitat du vison d’Europe, de la loutre, de la bouvière, de la grenouille verte, de l’anguille et de la cordulie à corps fin, libellule qui affectionne les grands cours d’eau.

Journées de sensibilisation

« Nous souhaitons revoir des pêcheurs sur ces berges dans les années qui viennent », positive Sophie de Lavergne à la Fédération départementale. Des journées de sensibilisation à destination du grand public seront bientôt organisées. L’accès au site est aujourd’hui possible grâce à la création d’un nouveau chemin de promenade. Le contrat Natura 2000 vient d’être signé pour cinq ans. Son champ d’intervention dépasse les limites de cette simple berge. « Nous intervenons sur un espace de 4 hectares au total », chiffre le Smeag. Les terrains appartiennent à l’État et à un propriétaire macarien.

Une nouvelle prairie

Il y a quelques jours, un terrain d’un hectare a été totalement déboisé, le long de la Garonne. Les troncs broyés serviront de bois de chauffage. Cette nouvelle prairie sera entretenue par l’agriculteur propriétaire. Le foin sera destiné à ses bêtes. Les parcelles voisines de maïs devraient disparaître l’an prochain pour favoriser encore plus la biodiversité sur le site.

Dernier volet de l’opération « plantation de saules » : la lutte contre les espèces envahissantes telles que le faux acacia et l’érable negundo. Le coût de la restauration de cet habitat d’origine est estimé à 30 000 euros sur les cinq prochaines années. Les pêcheurs, les élèves et les amoureux des espaces naturels applaudissent des deux mains.

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