Dans le cadre de ces Journées internationales des Forêts un petit focus sur la flore forestière européenne.
Avec un taux moyen de boisement d’environ 40% (une variation de 10 à 60% et 178 millions d’hectares – Union Européenne) ainsi qu’une longue tradition en matière de gestion forestière, la forêt du continent européen n’en reste pas moins modeste en terme de diversité d’espèces arborescentes indigènes.
Elle comprend à peu près 150 espèces pour environ 3/4 de feuillus pour cette flore spontanée, l’Europe du sud concentrant à elle seule les 2/3 des espèces ! En comparaison, la Guyane recense environ 1 300 variétés d’arbres…
Pour les conifères les plus importants : Sapin pectiné, Sapin de Grèce, Épicéa commun, Épicéa de Sibérie, Pin maritime, Pin sylvestre, Pins noirs, Pins parasol, Pin cembro, Pin d’Alep, Mélèze d’Europe, Mélèze de Sibérie…
Quant aux feuillus en nombre plus élevés : Chênes (20), Peupliers (4), Saules (6), Bouleaux (2), Aulnes (4), Noisetiers (3), Charmes (2), Hêtres (3), Châtaignier (1), Noyer (1), Ormes (3), Érables (14), Frênes (4), ainsi que de nombreuses espèces sauvages de Rosacées (Poiriers, Pommiers, Sorbiers, Cerisiers) …
Cette flore arborescente était autrefois plus abondante en particulier sous climat plus chaud à l’ère tertiaire. Mais les crises climatiques avec les glaciations successives de l’ère quaternaire ont changé tout cela et ont considérablement réduit l’importance de la flore européenne. S’en est suivi aux périodes interglacières et plus particulièrement depuis 10 000 ans une recolonisation progressive par des migrations à partir des zones refuges du sud du continent.
Au fil des voyages et particulièrement au siècle dernier, le nombre d’espèces introduites par les arboretums puis en production forestière a donc été conséquent : Douglas vert (la « coqueluche » des forestiers !), Cèdre de l’Atlas, Séquoias, Eucalyptus, cultivars de Peupliers, Épicéa de Sitka, Chênes rouges, Tulipier, Robinier (quasi naturalisé et envahissant !). On note aussi le développement foudroyant du Mélèze hybride (croisement du Mélèze du Japon et de notre Mélèze d’Europe)…
Le continent européen est celui qui connaît le gain le plus important en matière de progression forestière. Le défi sera de veiller à un équilibre pour la flore indigène face à cette progression exogène ainsi qu’à la problématique climatique qui se profile.

